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L'analyse marché du

Bonjour.

Comme chaque mardi, Sirenergies décrypte pour vous les tendances des marchés de l’électricité, du gaz et du CO₂ en France, afin de vous aider à mieux anticiper vos décisions. Vous êtes plus de 3 500 abonnés à suivre cette analyse hebdomadaire et à nous faire confiance. Toute l’équipe vous souhaite une excellente lecture et vous invite à découvrir les points clés de la semaine.

La nervosité reste élevée, mais les signaux divergent.

Cette semaine, le message des marchés est assez clair : le gaz reste le principal moteur de tension, tandis que l’électricité à terme corrige légèrement et que le carbone recule nettement. Autrement dit, le thermomètre géopolitique chauffe encore, mais tous les actifs ne réagissent pas de la même façon.

1. Le gaz garde la main
Les contrats à terme gaz ont progressé sur toutes les années de livraison. Gaz France (PEG) Cal 27 gagne 10,74% sur une semaine pour finir à 37,745 €/MWh, tandis que les Cal 28 et Cal 29 avancent aussi. Le marché reste soutenu par les inquiétudes autour de la sécurité énergétique européenne dans le contexte de guerre au Moyen-Orient. Le sujet est désormais au cœur des discussions européennes, avec un appel à évaluer l’impact sur les prix et l’approvisionnement (Sirenergies, 18/03 ; AFP, 16/03). En clair : le gaz reste la variable de risque la plus immédiate, avec une pression haussière sur les prix plus forte sur les échéances proches.

2. L’électricité en léger repli
En face, les forwards électricité français reculent légèrement. Élec France Cal 27 perd 2,48% sur une semaine à 55,54 €/MWh. Le repli reste mesuré, et ne concerne que les échéances au-delà des trois prochains trimestres, signe que la tension reste forte à court terme, mais que le marché moyen-long terme avait sans doute surréagi. La décision de la CRE de fixer à zéro la minoration 2026 dans le cadre du mécanisme post-Arenh confirme aussi un environnement de prix de gros encore inférieur aux seuils de taxation nucléaire (Sirenergies, 18/03). Cela ne détend pas mécaniquement les marchés, mais cela pose un cadre plus lisible et confirme que les prix forward actuels sur les 3 prochains calendriers, également inférieurs à ces seuils, restent à des niveaux intéressants.

3. Le carbone décroche
Les contrats CO2 EUA Cal 27, Cal 28 et Cal 29 abandonnent un peu plus de 8% sur la semaine. Le débat politique sur l’ETS s’intensifie, entre volonté d’"assouplir" le mécanisme et réflexion sur la réserve de stabilité du marché (AFP, 16/03), sous la pression de pays qui profitent également de la situation actuelle de crise pour obtenir des aménagements. Le signal est important : le marché commence à intégrer un risque de trajectoire moins tendue pour le carbone. Par ailleurs, la baisse de croissance industrielle que pourrait induire un blocage prolongé du détroit entraîne également le prix à la baisse.

4. Ormuz : la guerre électronique s'invite dans l'équation énergétique
Au-delà des chiffres de marché, le détroit d'Ormuz s'est transformé en zone de guerre à part entière — y compris dans le domaine numérique. Plus de 1 100 navires ont été affectés par des interférences GPS dans le golfe Persique depuis le début du conflit (France 24), avec des techniques de spoofing qui faussent les positions AIS et désorganisent complètement la navigation.

Entre le 27 février et le 8 mars, le volume de marchandises transitant par le détroit s'est effondré de plus de 98 % Le Grand Continent, tandis que les primes d'assurance maritime pour risque de guerre ont bondi de 1 000 %. Pour les marchés gaziers européens, ce blocage n'est pas anecdotique : le GNL qatari transite majoritairement par Ormuz, et le Qatar ne dispose d'aucune alternative maritime pour exporter ses hydrocarbures. Toute perturbation durable se répercutera directement sur les prix du gaz en Europe.

Ce qu’il faut retenir

La semaine dessine un paysage contrasté : gaz haussier, électricité légèrement baissière, carbone en repli. Mais le tableau ne serait pas complet sans cette dimension géopolitique de fond : la désorganisation d'Ormuz — attaques physiques, brouillage GPS massif, retrait des assureurs — n'est pas un bruit de fond conjoncturel. C'est un facteur de risque structurel qui pèse sur les approvisionnements gaziers européens et justifie, à lui seul, la prime de risque que le marché continue d'intégrer dans les prix du gaz, sur le court et moyen terme principalement. Pour les consommateurs professionnels, la volatilité des prix va rester bien présente dans ce contexte.

Électricité

Électricité à terme en légère baisse, spot agité

Élec France Cal 27
Prix
€/MWh
55,54
à 1 semaine
Prévision
Produit Prix €/MWh S-1 €/MWh M-1 €/MWh
Cal 27 55,54
-1,41
5,52
Cal 28 50,03
-1,39
0,67
Cal 29 52,36
-0,71
1,86

Forward

Le marché à terme recule légèrement. Élec France Cal 27 cède 2,48% sur une semaine à 55,54 €/MWh, sous l’effet d’un repli parallèle du CO2 et d’une détente relative après les tensions récentes. Les Cal 28 et Cal 29 suivent avec des baisses plus modérées.

Spot

Le spot français a été très volatil sur la semaine, avec de forts écarts d’un jour à l’autre. Ce profil traduit surtout l’effet combiné de la météo, de la demande et de la production renouvelable, dans un marché toujours sensible au signal gazier européen.

Gaz

Gaz en hausse à terme, spot plus détendu

Gaz France (PEG) Cal 27
Prix
€/MWh
37,75
à 1 semaine
Prévision
Produit Prix €/MWh S-1 €/MWh M-1 €/MWh
Cal 27 37,75
3,66
12,54
Cal 28 26,49
1,52
4,19
Cal 29 23,17
1,11
2,38

Forward

La courbe gaz progresse nettement. Gaz France (PEG) Cal 27 gagne 10,74% sur une semaine à 37,745 €/MWh, porté par les inquiétudes géopolitiques au Moyen-Orient et par les débats européens sur la sécurité énergétique. Les Cal 28 et Cal 29 avancent aussi, mais plus modérément.

Spot

Le spot gaz français se replie sur la semaine d’environ 15,33%, tout en restant nerveux. Le marché a alterné phases de stress puis d’accalmie, au gré des flux, des craintes d’approvisionnement et d’un climat européen moins tendu en fin de période.

CO2 EUA

CO2 en nette baisse sur la semaine

CO2 EUA Cal 27
Prix
€/tonne
66,65
à 1 semaine
Prévision

Le carbone recule franchement. CO2 EUA Cal 27 abandonne 8,59% sur une semaine à 66,65 €/t, dans un contexte de débat politique sur un possible assouplissement de l’ETS et sur l’évolution de la réserve de stabilité du marché (AFP, Sirenergies). Les Cal 28 et Cal 29 baissent dans les mêmes proportions.

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