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L'analyse marché du

Bonjour.

Comme chaque mardi, Sirenergies décrypte pour vous les tendances des marchés de l’électricité, du gaz et du CO₂ en France, afin de vous aider à mieux anticiper vos décisions. Vous êtes plus de 3 500 abonnés à suivre cette analyse hebdomadaire et à nous faire confiance. Toute l’équipe vous souhaite une excellente lecture et vous invite à découvrir les points clés de la semaine.

Choc géopolitique au Moyen-Orient : les marchés de l'énergie entrent en zone de turbulences

La semaine du 24 février au 3 mars 2026 restera marquée par un événement de rupture : le déclenchement d'opérations militaires américano-israéliennes contre l'Iran samedi 1er mars, avec pour conséquence immédiate la paralysie quasi-totale du détroit d'Ormuz. Ce verrou stratégique, par lequel transitent chaque jour quelque 20 millions de barils de pétrole et la quasi-totalité des exportations de GNL du Qatar et des Émirats arabes unis, représente à lui seul environ 20 % du commerce mondial de gaz naturel liquéfié (AFP, 03/03/2026).

Ce que cela change concrètement pour les marchés

La réaction des marchés a été immédiate et violente. QatarEnergy a annoncé l'arrêt de sa production de GNL dès lundi 2 mars, propulsant le gaz spot européen de +50 % en séance (AFP, 02/03/2026). L'électricité à terme a suivi, l'Élec France Cal 27 bondissant de plus de 10 % sur la semaine, à 57,61 €/MWh. Le CO2 EUA, lui, rebondit sur une semaine (+3 à +4 % selon l'échéance) mais reste en fort recul sur un mois (-10 €/t), signe que la révision de l'ETS attendue au T3 continue de peser structurellement sur les anticipations.

La sécurité d’approvisionnement en gaz de l’Europe n’est pas menacée car le GNL en provenance du Moyen-Orient représente moins de 10% des flux, cependant, le marché gazier étant mondial, la fermeture du détroit provoque une augmentation des prix générale, alimentée par les besoins de l’Asie très fortement dépendante de ces flux. Par ailleurs, l’Europe va terminer la saison froide avec un niveau de stockage sensiblement plus bas que celui de l’an dernier à la même époque (nous sommes actuellement à 29,89% au niveau UE versus 37,91% l’an dernier) : à un mois du démarrage de la période de reconstitution des stocks, dans un contexte qui était déjà tendu, cela renforce la pression haussière sur les produits court-terme.

En France, pour l’électricité, malgré notre mix énergétique, nous ne sommes pas épargnés par la hausse des prix actuelle ni à l’abri de futures hausses, en raison du mécanisme de merit order sur lequel repose notre système électrique européen. La plupart de nos voisins étant impactés par le coût marginal des CCGT sur leur prix d’électricité, une augmentation du prix du gaz impacte également la France. Par ailleurs, au cours d’une période de crise comme en ce moment, il existe toujours un effet « spéculatif » qui entraîne dans sa hausse des échéances pas forcément concernées par la problématique du moment.
Face à cette situation et la forte volatilité qu’elle génère, certains fournisseurs ont suspendu ou limité la validité de leurs offres. Les clients qui se trouvent malgré tout dans l’obligation de souscrire des contrats ou de réaliser des fixations doivent améliorer leur réactivité aux prises de position pour éviter des premiums de risque.

Cette situation va-t-elle perdurer ?

Pour le gaz, même si des routes alternatives peuvent être mises en place, elles resteront plus chères et ne pourront pas totalement se substituer à la situation initiale en cas de durée du conflit. Un conflit de plusieurs semaines impacterait donc forcément les prix de manière durable.
L’évolution de la situation géopolitique dans les prochains jours et semaines nous permettra d’actualiser les prévisions à terme. Le marché va suivre de près les événements et nous en verrons les impacts au jour le jour. Une forte volatilité est à prévoir.

Ce que vous devez surveiller

  • La durée du blocus : Moody's table sur un conflit de quelques semaines, mais un enlisement ferait basculer les stocks européens — déjà au plus bas à 30 % fin février — dans une situation critique pour le remplissage hivernal.
  • La révision du marché carbone : Le Conseil européen des 19-20 mars devrait mandater la Commission pour revoir l'ETS, avec un double objectif de réduction de la volatilité et de préservation du signal prix.
  • Le Cal 27 comme baromètre : La forte décorrélation entre Cal 27 (+18,8 % sur une semaine pour le gaz) et Cal 28/29 (+1,5 % et +1,1 %) trahit une prime de risque à court terme massive, pas encore intégrée sur les horizons plus lointains.

Électricité

Forte hausse des prix à terme, portée par la crise du Golfe

Élec France Cal 27
Prix
€/MWh
57,61
à 1 semaine
Prévision
Produit Prix €/MWh S-1 €/MWh M-1 €/MWh
Cal 27 57,61
5,38
8,17
Cal 28 52,81
1,49
4,13
Cal 29 54,45
1,09
4,92

Forward

L'Élec France Cal 27 clôture à 57,61 €/MWh, en hausse de +5,38 €/MWh sur la semaine (+10,3 %), sous l'effet du choc gazier lié à la paralysie du détroit d'Ormuz et à l'arrêt de production de GNL de QatarEnergy. Les Cal 28 et Cal 29 progressent plus modestement, respectivement +1,49 €/MWh (+2,9 %) à 52,81 €/MWh et +1,09 €/MWh (+2,0 %) à 54,45 €/MWh, reflétant une prime de risque concentrée sur l'horizon court.

Spot

Le spot électricité français a affiché une forte volatilité sur la période, oscillant entre des creux proches de 9 €/MWh et des pics dépassant 45 €/MWh en fin de semaine, portés par la flambée du gaz spot et une demande hivernale soutenue. La corrélation gaz-électricité s'est exprimée pleinement lors de la séance du 3 mars.

Gaz

Explosion du spot, forte hausse du Cal 27

Gaz France (PEG) Cal 27
Prix
€/MWh
30,97
à 1 semaine
Prévision
Produit Prix €/MWh S-1 €/MWh M-1 €/MWh
Cal 27 30,97
4,91
5,66
Cal 28 23,02
0,35
0,54
Cal 29 21,25
0,23
-0,07

Forward

Le PEG Cal 27 s'envole à 30,97 €/MWh, soit une hausse de +4,91 €/MWh sur la semaine (+18,8 %), directement alimentée par l'arrêt des exportations qatariennes de GNL et les craintes sur le remplissage des stocks européens cet été (stocks à 30 % fin février). Les Cal 28 et Cal 29 restent bien plus stables, à +0,35 €/MWh (+1,5 %) et +0,23 €/MWh (+1,1 %) respectivement, traduisant l'espoir d'une normalisation progressive de l'approvisionnement d'ici 2027-2028.

Spot

Le PEG a littéralement décollé en début de semaine, passant de niveaux autour de 30 €/MWh en début de période à plus de 53 €/MWh le 4 mars — un bond de près de +90 % sur l'ensemble de la semaine, inédit depuis début 2023, sous l'effet de l'arrêt de production de QatarEnergy (AFP, 02/03/2026).

CO2 EUA

Rebond hebdomadaire, mais tendance mensuelle toujours baissière

CO2 EUA Cal 27
Prix
€/tonne
73,33
à 1 semaine
Prévision

Le CO2 EUA Cal 27 rebondit à 73,33 €/t, en hausse de +2,66 €/t sur la semaine (+3,8 %), porté par le regain d'appétit pour le risque lié à la crise géopolitique et par les discussions autour de la révision de l'ETS prévue au T3 2026 (Sirenergies, 04/03/2026). Les Cal 28 et Cal 29 progressent dans la même dynamique, à +2,87 €/t (+4,0 %) et +3,09 €/t (+4,1 %) respectivement, mais restent tous trois en fort recul sur un mois (-9,78 à -10,23 €/t), signe que les incertitudes réglementaires pèsent encore sur les anticipations de long terme.

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